dimanche 12 mai 2019

ALERTE AUX ÉLITES HAÏTIENNES

Plusieurs décennies après l'indépendance de la première République noire, les choses changent mais malheureusement pas dans le bon sens. Par exemple, en Haïti, il se constate que la monnaie nationale est réduite à sa plus simple expression, que le pouvoir d'achat des nationaux diminue considérablement, que le paysan abandonne le milieu rural, que nos marchés fonctionnent à partir des produits importés, que nos routes se dégradent, que nos hôpitaux ne répondent pas aux attentes de la population, que nos écoles sont démodées,  que notre drapeau est profané, que des immondices envahissent nos espaces maritimes, que des sites touristiques sont laissés aux oubliettes, que  des ressources de notre sous-sol sont pillées et gaspillées, que des fonds au développement servent à enrichir des mercenaires politiciens, que des ressources aquatiques s'amoindrissent davantage et que nos montagnes  sont dénudées.  

De nos jours, il n'est pas  toutefois rare que des médiocres dominent la vie politique comme bon leur semble en dénaturant les mécanismes de fonctionnement de l'Etat, en instrumentalisant les institutions républicaines, en commercialisant les activités électorales, en soutenant des organisations criminelles, en trafiquant sur la souveraineté nationale, en détruisant le civisme,  en alourdissant des dettes pour les nouvelles générations et en s' écartant du sillage des pères fondateurs de la nation. 

Dans certaines régions, des milliers d'habitants meurent de faim, des enfants  se jettent dans la mendicité,  des femmes se livrent à la prostitution, des jeunes s' adonnent aveuglément à la consommation de la drogue et de  l'alcool.  

Plus que jamais, la société haïtienne est confrontée à la problématique de la corruption empêchant aux autorités de prendre la voie de l'austérité, de la transparence et de la modernité. Regrettablement , il est étonnant de voir qu'au moment où des pauvres deviennent plus pauvres, des dirigeants en profitent pour s' enrichir le plus rapidement que possible: le pays en état de liquidation par ses propres dirigeants.   

A qui la faute? C'est l'une des questions auxquelles les élites haïtiennes doivent  répondre car tant valent les élites tant vaut la nation: le gros peuple, coincé dans la misère et dans la pauvreté au quotidien,  n'a pas toujours eu le temps de mesurer les conséquences de ses actes .

Quand les élites d'un pays se démissionnent, on perd automatiquement les vraies orientations: elles ont un rôle de sentinelles. Quand le peuple est zombifié, on lui enlève ses droits, on le manipule, il revient aux élites de prendre leurs responsabilités. Voilà qui donne à réfléchir! Nos élites haïtiennes d'aujourd'hui, où êtes -vous ? Telle est la grande question que nous vous posons. Répondez-y.

 Vous avez un rendez -vous avec l'histoire, celui de comprendre que votre formation doit être mise au service de votre pays, au service des marginalisés, des plus pauvres et  des sans-voix. 

Aujourd'hui, si nos diplômes obtenus c'est pour en faire de simples contemplations, on en a pas véritablement besoin: toutes connaissances ont une finalité, celle d'améliorer les conditions de vie de nos semblables. Enfin, posons-nous encore cette question: que sert-il  à un pays de prétendre avoir des élites si celles-ci se taisent dans les situations de désespoir, de trouble, de malheur, de méfiance,  de division et gaspillage?  

Me Aristil Frito, Av.  

mercredi 1 mai 2019

LA DÉCHÉANCE DES DIFFÉRENTS SECTEURS NATIONAUX CONTRIBUE À LA STÉRILITÉ DE L'ÉLITISME UNIVERSITAIRE

Nous ne sommes pas sans savoir que depuis pas mal de temps, bon nombre de courants idéologiques socio-politico-économiques et spirituels qui mènent le monde, ont vu le jour au sein des campus universitaires. La race et le niveau d’éducation des pays en question importent peu; il suffit de savoir bien poser les problématiques et avoir un esprit critique, ainsi qu’un juste niveau d’appréciation. L’intelligentsia universitaire d’une communauté représente son cerveau, le centre de contrôle de toutes les belles initiatives pouvant aboutir à des réalisations concrètes et durables. L’histoire de Google à l’université de Stanford, de Facebook à l’université Harvard , des illuminés de Bavière à l’université d’Ingolstadt et du cercle de Tübingen en disent long, et pourraient bien nous servir d’exemple sur cette presqu’île de la caraïbe d’environ huit millions d’habitants avec seulement cent trente huit (138) institutions d’enseignement supérieur reconnues selon les dernières informations de la Direction de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (DESR), une entité du ministère de l’Éducation nationale . 

Mais, sur qui copier et comment le faire avec intelligence lorsque les prétendus espoirs et têtes pensantes de la communauté ne pensent qu’à se déhancher pour le plaisir de l’engin du bas ventre, du tunnel de la ville basse, ou peut être même pour une prime présidentielle? Qui sait? Nous ne pensons pas, donc nous ne sommes pas. 

Depuis des années, au premier jour du mois de mai , il est question de « FOIRE GASTRONOMIQUE » au sein de presque tous les campus universitaires haïtiens pour la mise en valeur de l’agriculture haïtienne ravagée par l’avarice et la perfidie des hommes d’affaires , sous le regard irresponsable et méchant des autorités concernées . Un moment où tous les secteurs clefs capables de donner à cette noble activité sa juste valeur sont morts dans le pays, comment osons nous répéter sans cesse et aveuglément cette stérile festivité qui ne fait et ne fera pas honneur à notre passage sur ce bout de terre pendant longtemps ? 

En exposant certains produits agro-alimentaires venant de la République dominicaine dans la cours des universités sous prétexte de valoriser la production nationale , vous l’avez fait exprès ou vous avez perdu pour de bon toutes les dernières traces de raison? Pauvre nous! On dirait bien qu’en Haïti nous sommes à l’ère ou le sens des choses nous fait tristement défaut. Et en constatant aussi l’effritement flagrant de notre éducation et de toutes les valeurs morales, on peut oser dire que, ce calice, nous le boirons jusqu’à la lie , si nous ne repensons pas dans la meilleure façon possible les choses. 

Le pays essentiellement agricole va mal, et nos étudiants sont de moins en moins productifs et lucides. Mais, s’il faut qu’un ange soit descendu du ciel pour nous unir autour d’un thème national pour une sensibilisation globale sur les sujets phares pouvant rehausser vraiment l’éclat de la production nationale, qu’il en soit ainsi; car, nous le devons à notre fierté, à nos ancêtres et à nos progénitures . 

 Dr TIMENY Mickens