mercredi 1 mai 2019

LA DÉCHÉANCE DES DIFFÉRENTS SECTEURS NATIONAUX CONTRIBUE À LA STÉRILITÉ DE L'ÉLITISME UNIVERSITAIRE

Nous ne sommes pas sans savoir que depuis pas mal de temps, bon nombre de courants idéologiques socio-politico-économiques et spirituels qui mènent le monde, ont vu le jour au sein des campus universitaires. La race et le niveau d’éducation des pays en question importent peu; il suffit de savoir bien poser les problématiques et avoir un esprit critique, ainsi qu’un juste niveau d’appréciation. L’intelligentsia universitaire d’une communauté représente son cerveau, le centre de contrôle de toutes les belles initiatives pouvant aboutir à des réalisations concrètes et durables. L’histoire de Google à l’université de Stanford, de Facebook à l’université Harvard , des illuminés de Bavière à l’université d’Ingolstadt et du cercle de Tübingen en disent long, et pourraient bien nous servir d’exemple sur cette presqu’île de la caraïbe d’environ huit millions d’habitants avec seulement cent trente huit (138) institutions d’enseignement supérieur reconnues selon les dernières informations de la Direction de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (DESR), une entité du ministère de l’Éducation nationale . 

Mais, sur qui copier et comment le faire avec intelligence lorsque les prétendus espoirs et têtes pensantes de la communauté ne pensent qu’à se déhancher pour le plaisir de l’engin du bas ventre, du tunnel de la ville basse, ou peut être même pour une prime présidentielle? Qui sait? Nous ne pensons pas, donc nous ne sommes pas. 

Depuis des années, au premier jour du mois de mai , il est question de « FOIRE GASTRONOMIQUE » au sein de presque tous les campus universitaires haïtiens pour la mise en valeur de l’agriculture haïtienne ravagée par l’avarice et la perfidie des hommes d’affaires , sous le regard irresponsable et méchant des autorités concernées . Un moment où tous les secteurs clefs capables de donner à cette noble activité sa juste valeur sont morts dans le pays, comment osons nous répéter sans cesse et aveuglément cette stérile festivité qui ne fait et ne fera pas honneur à notre passage sur ce bout de terre pendant longtemps ? 

En exposant certains produits agro-alimentaires venant de la République dominicaine dans la cours des universités sous prétexte de valoriser la production nationale , vous l’avez fait exprès ou vous avez perdu pour de bon toutes les dernières traces de raison? Pauvre nous! On dirait bien qu’en Haïti nous sommes à l’ère ou le sens des choses nous fait tristement défaut. Et en constatant aussi l’effritement flagrant de notre éducation et de toutes les valeurs morales, on peut oser dire que, ce calice, nous le boirons jusqu’à la lie , si nous ne repensons pas dans la meilleure façon possible les choses. 

Le pays essentiellement agricole va mal, et nos étudiants sont de moins en moins productifs et lucides. Mais, s’il faut qu’un ange soit descendu du ciel pour nous unir autour d’un thème national pour une sensibilisation globale sur les sujets phares pouvant rehausser vraiment l’éclat de la production nationale, qu’il en soit ainsi; car, nous le devons à notre fierté, à nos ancêtres et à nos progénitures . 

 Dr TIMENY Mickens